Ma pompe à chaleur air-eau après trois hivers de fonctionnement

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Pompe à chaleur air-eau extérieure après trois hivers, installation robuste et résiliente en plein air

La pompe à chaleur lançait un souffle froid quand le petit clac du dégivrage a coupé le silence, à Draguignan. J'ai noté 6 h 42 sur mon carnet, parce que le bruit m'avait tiré du lit et m'avait laissé les mains froides. J'ai été convaincu à ce moment-là que je devais suivre la machine au lieu de l'écouter au hasard, et j'ai commencé mes relevés ce matin-là. J'ai comparé mes relevés avec la météo de Fréjus, du Muy et de Vidauban pour éviter de conclure trop vite.

Je l'ai fait dans ma maison de Draguignan, pas dans un décor idéal. J'avais 118 m², 26 cm d'isolant sous toiture et des émetteurs basse température, avec une vie de famille normale et des douches à la chaîne le soir. Mon protocole restait simple : noter l'heure, la température et le bruit à 7 h et à 19 h, sans changer mes habitudes. Quand ma femme et mes deux enfants adultes sont là, je vois tout de suite si l'eau chaude suit et si le confort tient sans à-coups.

Comment j’ai suivi la pompe à chaleur pendant ces trois hivers

Ma maison tient sur une base simple, avec des pièces fermées, des baies au sud et un air qui reste humide dès que le ciel se couvre. Mon métier de plombier-chauffagiste m'a appris à regarder d'abord la température de départ, puis le débit, puis le bruit, dans cet ordre. Ici, je voulais voir ce que donnait la machine quand l'hiver restait doux, mais que le matin tombait à 0°C avec une sensation mouillée dans l'air.

Pendant trois hivers complets, j'ai noté les relevés chaque matin et chaque dimanche soir. J'ai utilisé mon compteur électrique, un sonomètre, deux thermomètres et un vieux carnet à spirale que je garde dans le tiroir de la cuisine. Je gardais la machine en marche jour et nuit, comme dans une vraie maison habitée, avec les portes qui claquent, les repas du soir et les chambres qu'on ouvre puis qu'on referme.

Je voulais compter les cycles de dégivrage, leur durée, la température de départ et la part de l'appoint électrique. Depuis mes années comme plombier-chauffagiste, je sais que le débit d'eau finit par trahir un réglage avant même qu'un écran affiche une alerte. J'ai aussi relevé 41 dB dans le couloir et 49 dB près de la baie, parce que le bruit ne se juge pas à distance.

Au départ, je pensais que 45°C suffiraient toute la saison, et j'étais sûr de moi. J'ai vite vu que la machine respirait mieux vers 38°C, avec moins de relances et une sensation de chaleur plus régulière dans les pièces. Quand la loi d'eau tient, la maison reste chauffée en continu après trois hivers, sans gros écarts entre le matin et le soir.

Le jour où j’ai compris que la fréquence des dégivrages posait problème

Un matin de janvier, à 0,4°C et la quasi-totalite d'humidité, j'ai entendu le cycle revenir toutes les 30 minutes. Le ventilateur changeait de souffle, puis le petit clac du dégivrage suivait, net, sans se tromper. « ce clac caractéristique suivi d’un souffle froid, je l’ai entendu vingt-deux fois en une nuit, enfants compris », et le sommeil a pris un coup.

Mes deux enfants adultes dormaient à la maison ce soir-là, et ma femme a ouvert la porte du couloir deux fois. Le bruit du ventilateur et du compresseur montait près du mur, puis redescendait d'un coup, avec ce passage froid qu'on sent au fond du nez. Je me suis retrouvé à compter les reprises au lieu de regarder la télé, ce qui n'était pas bon signe.

J'ai relevé 3,8 kW pendant le dégivrage, contre 1,6 kW sur un créneau calme. La température de départ tombait de 39°C à 31°C, et l'appoint électrique prenait le relais sans bruit apparent. Sur la facture du mois, j'ai vu 27 euros que le mois précédent, alors que la météo n'avait pas été brutale.

Le givre commençait en bas de la batterie extérieure, sur les ailettes du bas, avant de monter. L'air tournait mal parce que l'unité n'avait que 24 cm de recul sur le mur, et j'avais laissé ce montage trop serré. J'ai été frappé par la lenteur du dégel quand la façade restait humide toute la nuit, comme si la machine peinait à reprendre son souffle.

Je suis rentré plus tard ce soir-là et j'ai vu une plaque de glace sous l'unité extérieure. La terrasse carrelée sonnait sec sous mes pas, et le support vibrait à chaque reprise, avec un bruit plus sec qu'à l'habitude. Je n'avais pas une panne franche, j'avais un problème de circulation d'eau et d'air, et ça m'a sauté aux yeux.

Ce que j’ai dû corriger et comment j’ai limité les dégâts

Après deux hivers sans rinçage, j'ai sorti le filtre à tamis et il était presque colmaté. Le panier avait une boue fine, et le circulateur est devenu plus audible dès le premier soir, comme s'il forçait moins mais mieux. J'ai rincé jusqu'à ce que l'eau ressorte claire, puis la température a cessé de faire le yoyo.

Au départ, j'étais sûr de moi et je tenais 45°C. J'ai baissé par paliers de 2°C, puis je me suis arrêté à 38°C, parce que la maison restait chaude sans tirer la machine vers le haut. La machine a tourné plus longtemps, mais les dégivrages ont paru moins nerveux et la sensation dans les pièces a gagné en stabilité.

J'ai gagné 38 cm devant la grille et 52 cm sur le côté. Le ventilateur a repris de l'air, et le givre a tenu moins longtemps sur les ailettes du bas. J'ai remplacé les quatre plots antivibratiles, parce que deux étaient déjà fatigués, et la vibration sur la dalle a chuté tout de suite.

  • rinçage annuel du filtre à tamis
  • réglage fin de la loi d'eau
  • dégagement de l'unité extérieure
  • vérification de l'évacuation des condensats

Le matin de la plaque de glace, j'ai compris que l'évacuation des condensats comptait autant que le réglage. L'eau tombait goutte à goutte puis formait un bourrelet sous le support, avant de regeler. Le bruit sec sur la terrasse venait de là, pas d'un défaut électronique, et mon travail de plombier-chauffagiste m'a appris que ce détail change tout.

Mon verdict après trois hivers : ce qui marche vraiment et ce qui pêche

La première année, j'ai consommé 6 214 kWh pour le chauffage et l'eau chaude. Après les réglages, je suis descendu à 5 487 kWh sur une année comparable, avec des relances moins brutales et moins de pics au démarrage. L'entretien m'a coûté 187 euros puis 214 euros, avec le rinçage et le contrôle des réglages, et la courbe basse à 38°C a gardé la main.

La nuit, le ventilateur et le compresseur m'ont gêné plus que je ne l'avais prévu. Quand ma femme et mes deux enfants adultes dorment à la maison, le clac du dégivrage passe mal, surtout quand il revient plusieurs fois avant l'aube. Après trois hivers, je peux dire que le bruit de la PAC en dégivrage, c'est devenu un élément que j'anticipe autant que la météo.

Quand je pousse la consigne trop haut, la machine repart en cycles courts. Les plots antivibratiles fatiguent après deux saisons de pluie, et je l'entends tout de suite, surtout près de la baie vitrée. La pompe de circulation devient plus audible quand le filtre se charge à nouveau, et chez moi le confort a baissé dès que j'ai voulu jouer les grosses marges.

Pour quelqu'un qui accepte de garder une loi d'eau basse et de surveiller le dégivrage, cette PAC m'a paru cohérente. Pour un logement plus ouvert au vent, j'irais regarder une solution hybride, et pour le dimensionnement je renvoie vers un bureau d'études thermiques ou un installateur qualifié. À Draguignan, ma conclusion reste simple : la machine tient, mais elle pardonne mal les réglages lourds.

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